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Jésus est déjà mort ! (3) - 100% ou en fragments ? (article et poème)

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Réflexion profonde sur le don de soi sous le regard de Dieu, mêlant analyse sociale et poésie face aux logiques de calcul dans le couple moderne...

Ceci est un coup de gueule. 

Souffrez de la longueur, j'ai joint un poème à cet article que vous pourrez retrouver à la fin.

Je ne saurais comment commencer par des rimes sans évoquer ce qui m'écorche, alors même que je ne suis pas mariée et que je ne l'ai jamais été. Alors, internet, je me lance simplement : depuis quand avons-nous décidé de mesurer l'amour au pourcentage ?

Quand Dieu donne, Il donne en toute plénitude... Sur chaque homme et chaque femme qu'Il a appelés, Il a apposé Son sceau entièrement. Pas en nuances grises ni en version limitée.

Quand Jésus est venu annoncer le Royaume, Il l'a fait dans Sa plénitude. À chacun qui rampait vers Lui, Il a donné ce qu'Il fallait, au moment où Il le fallait : guérison, délivrance, clarté, direction, force.

Dans tout appel, il y a une radicalité qu'importe qui on choisit de servir. La voici, quand il s'agit de Dieu : se donner entièrement à Dieu d'abord, puis, suivre le chemin tracé devant soi selon la relation intime entretenue avec Lui (oui, c'est important !). Et aucun domaine n'échappe à cette règle...

Alors, pourquoi nos relations de couple ressemblent-elle de plus en plus à des négociations commerciales, comme s'il s'agissait de parts dans une entreprise ou dans un conglomérat : 80-20%, 20-80 %, 32-68%, 27-73%...?

Et nous sommes si confortables que nous avons ramené cela dans le mariage institué par Dieu lui-même...

J'entends partout ces slogans déguisés en sagesse relationnelle. Le foyer est comparé à la mise en place de parties d'une entreprise commerciale avec des cahiers de charge précis : à la femme, les charges ménagères, porter et éduquer des enfants faits à deux, entretenir seule une maison construite à deux... et à l'homme, prendre la charge des factures et avoir des exigences comme si quelqu'un était une machine. Aucune présence, aucun investissement spirituel, émotionnel, pas de prévenance, plutôt des critiques et des exigences... My goodness !

Loin d'être féministe, il y a des choses qu'un homme aussi peut et doit faire, au-delà de gérer des factures, s'asseoir devant la télé, divertir des amis dans des soirées ou rabaisser et frustrer... (et c'est vice-versa, mesdames, aucun homme n'est un guichet automatique vivant !)

Bien sûr, gérer un foyer demande de l'organisation et de la responsabilité d'un duo, et il y a des couples qui s'en sortent plutôt bien. Mais quand tout devient calcul, programmation, personne ne lève le petit doigt juste de bonne volonté, la relation se dessèche et se fane. Avec ces chiffres, beaucoup d'hommes ne voient plus que leur contribution financière, sans reconnaitre le reste : la chaleur d'une maison, la charge émotionnelle, mentale et parfois financière, la gestion invisible du quotidien et tout le travail afférent qui fait tenir un foyer debout. Et à force de réduire la relation conjugale à un échange de services sans appréciation et contribution significante, mais plutôt encensé de critiques, on s'étonne ensuite de rencontrer de la froideur, de la résistance... Tout ça m'a fait repenser au Seigneur Jésus...

J'ai regardé, et je n'ai pas pu m'empêcher de me demander : quand Jésus est mort, est-Il mort à 50% ? Quand Il a guéri, l'a-t-Il fait à 85% ? Quand Il a enseigné et donné le pouvoir aux apôtres, l'a-t-Il fait à 75% ? ou peut-être qu'en chassant des démons, Il l'a fait à 65% ?...

Sinon, que l'on m'aide à comprendre... D'où vient cette logique de fragmenter ce qui doit se donner en toute plénitude, avec les forces et les failles ? Je sais que la Bible demande aux maris, aux MARIS, d'aimer leurs femmes comme le CHRIST a aimé l'Eglise et s'est donné pour elle, alors, si ça n'implique pas de sacrifice, pas de respect de l'intégrité, pas de compassion et de miséricorde, de couverture morale, physique, émotionnelle et spirituelle, what are we doing ?

Est-ce traiter une relation amoureuse comme une transaction commerciale la solution et la norme ? Est-ce changer quelque chose censé être un partage en un échange de bons procédés, parce que ça arrange une partie au détriment de l'autre, la solution ?

Pourquoi voulons-nous changer en fragments ce que Dieu a donné en toute plénitude ?  Ne dit-on pas que quand on choisit une situation, on la choisit avec ces avantages et ces inconvénients ?

En attendant de trouver un élément de réponse, je vais rassembler ces observations en poème. En espérant que les deux nous donnent à réfléchir...


Le poème éponyme :

Dans mon essence, je suis 100.
100% de tout ce que Dieu a consenti à me donner...
Ce 100 n'est pas qu'innocent,
Il peut rassembler ce que je porte comme faille et fragilité.
Sous le portique menant à la vie du foyer,
Je me suis ramenée avec tous mes bagages :
Certains plus utiles à la vie du foyer,
Et d'autres, pragmatiques pour les temps d'orage...

Comme Jésus, je suis 100.
100% de tout ce que Dieu dit de moi comme vérité...
Dans ce 100, il n'y a pas de faux-semblant.
Selon ma foi, je me lève pour ce que je peux assumer...
Sous le portique menant à la vie du foyer,
Je me ramène avec tout ce que j'ai en moi :
bon comme mauvais, doux comme amer,
Chaque point dressé pour une situation de choix...

Et face au partenaire qui d'antan me tenait la main,
Un drap confus m'enveloppe au quotidien,
Alors qu'il divise sa contribution et retient,
Tandis que je me donne jusqu'à ne plus contenir rien...
Et son indifférence est une épine qui me transperce ;
Et ses demandes, des poids qui me submergent ;
Et je comprends alors que l'étau progresse
Qu'il me faut fuir la noyade et gagner la berge...

Jésus est déjà mort, Il est déjà ressuscité !
Ces deux choses, Il ne les a pas faites à moitié.
Pourquoi devrais-je alors me sacrifier
Pour un être comme moi qui ne fait que tout égrener ?
L'amour de Jésus pour le monde est 100 et non en fragments.
Sinon, à quoi bon serait-Il venu délivrer à 40% des tourments ?
Pourquoi devrais-je alors me tourmenter
Pour un être qui ne voit en moi que son opposée ?


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