S'aimer soi-même : réconciliation biblique ou piège narcissique ?
Réflexion chrétienne sur l'amour de soi et ses différentes implications selon la Parole de Dieu pour marcher dans l'équilibre...
En tant que chrétien, vivre pour Dieu n'a rien de simple. Ce n'est pas compliqué pour autant, car, comme pour tout, la vie chrétienne dispose de règles.
Aujourd'hui, j'aimerais explorer ce que c'est que de s'aimer soi-même et ses implications. Est-ce une réconciliation biblique de l'homme avec Dieu, ou plutôt un piège narcissique comme nous le constatons de nos jours ?
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Je précise que je ne suis pas pasteur. Je suis juste une croyante très observatrice, avec des opinions et des préoccupations qui, parfois, saturent mes pensées. J'ai donc besoin d'évacuer.
Souvent, l'Esprit me conduit à poser certaines questions, puis à tenter d'y répondre à la lumière de la Parole. Que le Seigneur Jésus-Christ nous aide à discerner.
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Je retiens que Jésus-Christ a résumé les 10 commandements du Seigneur en deux phrases brèves, mais lourdes de sens et d'intensité [Matthieu 22:37-39]:
- Aimer Dieu de tout son coeur, de toutes ses forces, de toutes ses pensées et en toute capacité; et
- Aimer son prochain comme soi-même.
C'est sur cette deuxième phrase que je veux m'arrêter.
1. S'aimer soi-même : fondement de la relation au prochain
Il a été plus que vérifié que la plus belle femme ne peut donner que ce qu'elle a.
La Parole dit aussi que c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle [Luc 6:45].
Alors je me pose une question simple : Comment aimer réellement mon prochain si je ne sais pas me considérer moi-même ?
Mais tout d'abord, c'est qui le prochain ?
Pour moi, le prochain, ce n'est pas que nos membres de famille chéris, nos camarades/amis, collègues ou autres. C'est la personne qui se tient en face de moi dans chaque interaction, même brève. Et ceci, sans distinction.
Si je dois aimer mon prochain comme moi-même, cela implique que la charité commence aussi par moi. Me donner du crédit, me respecter, etc. Mais comment y arriver si, je ne m'aime pas, je ne m'apprécie pas, je ne fais pas preuve d'indulgence et de compassion envers moi ?
À part Dieu, qui mérite toute mon adoration, je réalise donc que je dois aussi faire attention à ma personne, en tant que ramification physique et spirituelle du Dieu des cieux [Genèse 1:27].
2. S'aimer soi-même : une restauration de notre identité en Dieu
Je crois que s'aimer soi-même peut être une réconciliation biblique :
- En tant que création à l'image directe de Dieu, le péché qui est entré par Adam nous avait coupé de notre source : Dieu. Séparés de Lui, quelque chose en nous s'était désaligné.
- Il a fallu que Christ descende rétablir la vérité et donner sa vie pour que quiconque croit en Lui et le reçoit comme Seigneur retrouve son identité en Dieu et comprenne quelle créature merveilleuse il est [2 Corinthiens 5:17].
Je ne ferai pas à mon prochain ce que je n'aimerais pas qu'on me fasse [Matthieu 7:12].
3. Le danger : quand s'aimer soi-même devient idolâtrie
Toutefois, cette réflexion a également son revers.
Car aujourd'hui, on parle énormément d'amour de soi... souvent sans Dieu.
Et là, quelque chose me dérange.
On s'aime, on se valorise, on se place au centre, parfois au point de ne plus voir les autres.
Et je pense que c'est la base des syndromes narcissiques et autres troubles comportementaux dus à des blessures que notre génération subit et inculque [2 Timothée 3:1-2].
Puisque c'est de l'abondance du cœur que la bouche parle, un cœur accablé professe l'accablement, un cœur mauvais professe ses vices et son mal, un cœur attristé et brisé professe sa tristesse et son brisement, et cela se ressent dans les relations que nous tissons avec nos semblables.
Résultat, nous poursuivons nos désirs, nous écrasons par l'opportunisme et l'égoisme, et au finish, nous devenons des ambassadeurs par excellence de l'ennemi.
De ce que j'ai pris le temps d'observer, s'aimer soi-même ne doit pas se faire au détriment de l'adoration à Dieu, ni de la considération du prochain. C'est un piège que de se croire le nombril du monde constamment, et c'est un péché devant Dieu de se dévaluer ou de se surévaluer [Romains 12:3].
Chacun a sa place sous le soleil, et puisque c'est aux fils des hommes que Dieu a donné la terre, c'est à nous de faire preuve de sagesse et de discernement pour ne pas imploser.
Conclusion personnelle : marcher dans l'équilibre
En ce qui me concerne, ma marche avec Jésus me fait prendre conscience que je peux être une personne parfois imbue d'elle-même, certes, sans pour autant empêcher les autres d'exister.
J'essaie du mieux que je peux d'appliquer la loi du Seigneur qui dit de donner son autre joue quand on me gifle [Matthieu 5:39], et je dois dire que ce n'est pas toujours évident. Bref, je n'ai pas toutes les réponses.
Tant que ça dépend de moi, je fais ce que je peux en :
- cherchant la paix avec tous (moi incluse) quand cela dépend de moi [Romains 12:18],
- ne me définissant pas par le regard des autres,
- apprenant à filtrer les perceptions extérieures et parfois intérieures, sans me perdre dans le procédé.
parce que, quoi qu'on puisse en dire, je suis un être humain qui doit imposer des limites.
Alors, peut-être que le vrai équilibre est là :
- ne pas se rejeter...
- ne pas s'exalter...
- et apprendre petit à petit à se voir comme Dieu nous voit,
- et avancer avec ça, sans prétendre avoir tout compris.
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