L'impact des écrans dans nos maisons
Réflexion personnelle sur l'impact des écrans sur nos maisons, entre influence et dépendance numériques, et discernement chrétien...
Je suis une adepte de la télévision, mais depuis que je suis devenue mère — et même bien avant — certaines réalités m'ont progressivement éloignée de cet outil de diffusion de l'information.
Comme vous l'aurez compris, nous allons aborder aujourd'hui l'impact des écrans, TOUS LES ECRANS, dans nos maisons. Les portails à la fois physiques mais aussi spirituels que sont les écrans aujourd'hui - ces fenêtres ouvertes sur le monde, qui peuvent être à la fois des outils d'apprentissage, de divertissement et de communication, mais aussi des portes d'entrée pour des influences dont nous ne mesurons pas toujours la portée.
De la télévision au smartphone : l'évolution de notre rapport aux écrans
Je pars de mon contexte personnel. Autrefois, tous les ménages n'avaient pas accès à la télévision. Puis, avec l'évolution économique et technologique, celle-ci s'est progressivement invitée dans la plupart des foyers, surtout dans les villes. Ensuite sont apparus les lecteurs audios modernes, les téléphones, fixes d'abord, portables ensuite, puis intelligents, tactiles, interconnectés vers le monde. Tout ça n'est pas mauvais en soi.
Je me souviens des programmes télévisés et du rapport que chaque individu avait avant avec eux. Les dessins animés, les programmes jeunesse, les journaux télévisés, les documentaires, et toutes sortes de programmes culturels ou éducatifs. Nos parents, pour ceux qui ont vécu dans une maison complète, avaient cette manie de scruter les moindres réactions de leurs enfants quant aux images, et dès qu'il y avait des scènes inappropriées, le mot d'ordre était : "il est l'heure d'aller vous coucher !"
Entre divertissement et transformation progressive du contenu : le lien vers la dépendance
Plus d'une décennie plus tard, notre rapport à l'écran a profondément changé. Nous sommes non seulement devenus addicts tant ils sont omniprésents dans notre quotidien. Mon inquiétude porte particulièrement sur certains contenus auxquels nous sommes exposés depuis plusieurs années et qui tendent à s'accentuer : la banalisation de la violence, l'hypersexualisation et la perversion identitaire, les provocations permanentes, le recours à des symboliques controversées, la désacralisation du sacré, le brouillage de certains repères moraux ou encore la recherche du choc comme outil de captation de l'attention soutenue. Sous couvert de créativité ou de divertissement, certaines productions semblent parfois davantage chercher à repousser les limites du faisable et du sacré qu'à élever l'esprit.
Je m'inquiète surtout pour nos enfants.
Avec l'explosion des réseaux sociaux, des plateformes de streaming, de l'accessibilité immédiate de toutes sortes de contenus, et d'un point de vue social, la montée de ce que j'appelle affectueusement "l'ordre des dénaturés", les filtres parentaux sont devenus plus difficiles à maintenir. Des sujets autrefois réservés à un public mature se retrouvent parfois présentés à des audiences de plus en plus jeunes.
Mon inquiétude n'est pas seulement celle d'une mère ou d'une chrétienne. Elle rejoint les préoccupations déjà exprimées par de nombreux professionnels de santé, chercheurs et éducateurs.
Une réalité scientifiquement reconnue
En effet, suivant les études récentes, la question des écrans ne peut plus être réduite au simple nombre d'heures passées devant eux.
D'autres phénomènes sont observés : l'hyperconnexion permanente, les dizaines de déverrouillages quotidiens du téléphone, la fragmentation de l'attention, le passage incessant d'une application à une autre et la dépendance aux mécanismes de récompense des plateformes numériques.
Des comportements auxquels on associe des risques accrus d'anxiété, de dépression, d'isolement, de troubles du sommeil et de difficultés de concentration chez les jeunes.
À cela s'ajoute la "technoférence", l'interposition des écrans dans les interactions humaines. L'exemple le plus flagrant étant un parent, un encadreur plus scotché à son téléphone qu'il ne serait engagé avec un enfant, interrompant ainsi les échanges et dispositions dont l'enfant a besoin pour développer son langage, sa sécurité affective et sa compréhension du monde.
L'inquiétude tourne également autour de la nature des contenus consommés sur les RS. Via le but de capter et de maintenir l'attention le plus longtemps possible (but essentiellement économique), les algorithmes exposent souvent (c'est de plus en plus récurrent) les plus jeunes à des contenus choquants, déviants, anxiogènes et inadaptés, même lorsqu'ils ressemblent à des contenus initialement destinés aux enfants.
Que dit la foi face à tout ça ?
D'un point de vue spirituel, le pape catholique Léon XIV, selon INFOVATICANA, a alerté sur les dangers de la dépendance numérique précoce, rappelant que les technologies doivent rester des outils au service de l'homme et non devenir des maitres qui façonnent sa pensée, son identité ou sa relation avec Dieu.
"Dieu ne veut pas regarder le téléphone : Dieu veut regarder nos cœurs, notre vie... Ils essaient de nous rendre dépendants de cette technologie... Nous ne sommes pas tous branchés à un câble. Nous sommes des êtres humains.'
En tant que chrétien, cette vigilance - qui se renforce d'ailleurs dans le cadre de l'utilisation de l'IA et de sa variante générale (IAG) - dépasse la simple question sanitaire. Tout ce qui monopolise notre attention finit par influencer notre cœur. Or, c'est souvent là où la bataille commence : dans ce que nous regardons, dans ce que nous écoutons, dans ce que nous laissons s'installer autour de nous et en nous jour après jour.
Je pense sincèrement que le monde spirituel tend plus à s'immiscer dans notre quotidien, bien plus qu'on veuille l'accepter via ces différents canaux. En laissant entrer des choses étranges dans nos foyers, elles finissent par façonner nos habitudes, nos réactions et nos croyances. Ce qui peut conduire des enfants à développer une confusion croissante entre l'imaginaire et le réel, à manifester des peurs, des obsessions ou des comportements inquiétants auxquels nous parents devrions faire attention.
Dans une perspective chrétienne, les écrans peuvent étouffer la méditation biblique, la réflexion profonde, l'examen de conscience et l'écoute de Dieu. La surstimulation à un certain type de contenus peut émousser la conscience et provoquer une sorte d'insensibilité et d'accoutumance morale. Concernant les RS, l'approbation des autres comparée à l'approbation de Dieu peut devenir un piège vers l'exaltation narcissique. Et on peut perdre pied dans la vie réelle à force de vitesse, d'instantané, de radicalisme faussé, de manque de patience, de désintérêt dans l'ordinaire et d'absence de gratitude.
Conclusion : Des repères pour nos familles et un appel au discernement
Au vu de tout ceci, des recommandations à l'exposition aux écrans sont faites pour pallier cette dépendance et épargner notamment les plus petits :
- Avant l'âge de 2 ans, l'exposition des enfants aux écrans est déconseillée, sauf les appels vidéo avec les proches.
- Entre 2 et 3 ans, l'exposition devrait rester exceptionnelle, brève, et suivie scrupuleusement par un adulte.
- Entre 3 et 6 ans, les spécialistes recommandent un équilibre entre une sélection soigneuse des contenus et une exposition aux écrans limitée, et l'adhésion des enfants à des interactions réelles, au jeu libre, et à la découverte du monde physique sans écran.
Personnellement, j'ajouterais de passer du temps dans la Parole de Dieu, d'écouter souvent des prédications de serviteurs de Dieu (discernement oblige, car ce ne sont pas tous qui prêchent la vérité de la Parole de Dieu), de se délecter de cantiques et de s'enrôler dans des programmes de prière, selon toute vérité issue de la Parole de Dieu.
Les écrans ne sont pas démoniaques, mais tout dépend de l'usage qu'on en fait et de la disposition de cœur derrière.
Cet article n'est pas pour effrayer ou alarmer, mais pour nous rappeler l'importance du discernement et de la prière en plus de l'encadrement parental. Il s'adresse autant à moi qu'à vous. Et il est purement informatif.
Sources : Chrétiens aujourd'hui, INFOVATICANA, Le lynx, OFDT, Tout pour les enfants
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